“You’d call the man a senseless fool,
“Tu trouverais insensé,


A blockhead or an ass,
Imbécile ou idiot,

Who’d dare to say he saw the ghost
Celui qui dirait avoir vu le fantôme

Of Mount Victoria Pass;
Du col du mont Victoria;

But I believe the ghost is there,
Mais je pense que le fantôme est là,

For, if my eyes are right,
Car, si mes yeux ont raison,

I saw it once upon a ne’er-
Je l’ai vu durant une nuit

To-be-forgotten night.”
Que je ne suis pas prêt d’oublier”

(…)

“And she is dressed in black;
“Et elle est vêtue de noir;

Her face is white, a dull dead white
Son visage est blanc, une pâleur cadavérique  

Her eyes are opened wide
Ses yeux sont grand ouverts

She never looks to left or right,
Elle ne regarde jamais à gauche ou à droite

Or turns to either side.
« Ni ne se retourne.”

Voici le poème de Henry Lawson, intitulé Le Fantôme du Deuxième Pont (“The Ghost at the Second Bridge”). Ce poème retrace l’histoire tragique de la demoiselle en noir, fantôme qui hante une route des Blue Mountains, en Australie.

L’HISTOIRE

On dit que le fantôme de la demoiselle en noir serait celui de Caroline James, dont le corps a été retrouvé au niveau du Col Victoria, sur un pont précaire qui mène au village historique de Hartley.

Caroline est issue d’une famille miséreuse. Son père tient un magasin “sournois” c’est à dire, un établissement où l’on vend de l’alcool sans en avoir la licence. Sa mère, alcoolique, met fin à ses jours par pendaison. Cependant, son origine sociale n’empêche pas Caroline d’épouser, en 1840, William Collits, issu d’une famille respectable qui tient l’auberge du village d’Hartley.

Mais le mariage n’aboutit pas comme Caroline l’avait espéré. Rapidement, elle a quitte William et emménage avec sa soeur et son mari, John Walsh. Selon la rumeur, avant que sa soeur n’épouse Walsh, Caroline aurait eu une relation avec lui. Lorsque Caroline investit les lieux, les trois personnes auraient entamé un ménage à trois sordide.

En 1842, Caroline et William tentent une réconciliation. De sortie à la taverne d’un certain Joseph Jagger, située près de Hartley, ils font la rencontre de Walsh. Walsh est jaloux et cherche William, qui entre dans son jeu. S’en suit une altercation entre les deux amants. Afin de permettre à William de s’échapper, Caroline tente de maîtriser Walsh.

Le lendemain matin, à six heures, le facteur, alors en pleine tournée postale, trébuche sur le corps meurtri de Caroline. La scène se passe à environ cinq kilomètres de la taverne, sur le bord de la route, au Col Victoria.

Son crâne a été écrasé par une grosse pierre qui avait été laissée à proximité du corps, tachée de sang. Walsh a été arrêté pour le meurtre de Caroline dont il a plaidé l’innocence. Étrangement, il n’a pas accusé William du crime, mais plutôt l’aubergiste, Joseph Jagger.

Le jury n’a pas retenu l’histoire de Walsh et celui-ci a été pendu pour meurtre à Bathurst le 3 mai 1842…

L’APPARITION

À ce jour, des personnes qui traversent le Victoria Pass, signalent encore des apparitions de la demoiselle en noir. Elle est apparemment plus présente en hiver qu’en été, lorsque la «glace noire» (glace invisible responsable de nombreux accidents en Australie) investit les routes.

En général, l’apparition est décrite comme une femme portant une robe noire de l’époque Victorienne, dont la peau est pâle et parfois sans tête.

CONCLUSION

Depuis que la route a été élargie, il semblerait que la demoiselle en noir apparaisse moins qu’avant.

Une question me perturbe: en règle générale, un fantôme hante un lieu parce qu’il tente de faire passer un message, de prévenir d’un danger ou de chercher la vérité concernant sa mort. Si Caroline hante encore les lieux aujourd’hui, le bon meurtrier a-t-il été arrêté, ou est ce que Joseph Jagger, personnage n’ayant aucun lien avec l’histoire avant l’altercation affrontant William à Walsh, serait le vrai meurtrier? (Lui ou un autre)

Date de publication : 24 Avr, 2019