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Le 1 novembre 1897, jour de la célébration des martyrs, l’abbé Antoine Gélis est retrouvé mort dans la cuisine de son presbytère. C’est son neveu qui le trouve, allongé dans une mare de sang…

L’histoire qui vous a été racontée dans notre Podcast « l’étrange meurtre du curé de Coustaussa » est la version populaire et résumée de l’affaire que vous pourrez trouver sur internet.

Cette version omet de préciser quelques éléments que vous trouverez dans cet article et qui vous permettront de découvrir la façon dont l’enquête s’est déroulée. C’est au travers d’articles d’un journal de l’époque que nous avons pu suivre l’avancée des événements.

Les faits sont les suivants, et relatés par ordre chronologique :

Fait n°1

Antoine Gélis gît sur une des tables de la cuisine, à côté d’une bouteille de vin et d’un verre, tous deux éclaboussés de sang. Dans la même pièce, les gendarmes retrouvent du papier à cigarettes de la marque « Tzar ». Fait étonnant, puisque Antoine Gélis ne fume pas.

Ceci contredit la première théorie des gendarmes : un cambriolage qui aurait mal tourné. Autre fait contredisant cette théorie : 5 000 francs en pièces de 5 francs ont été retrouvés dans divers lieux du presbytère. Quel cambrioleur quitterait un lieu sans s’emparer d’un tel butin ?

Fait n°2

Sur le sol, non loin du curé, de grosses pinces à cheminée sont retrouvées. Certaines blessures ouvertes du corps correspondent parfaitement à la forme de ces pinces, les confirmant comme étant l’arme du crime. Cependant, d’autres blessures semblent correspondre à une hachette. Or, cette deuxième arme n’a pas été retrouvée.

Fait n°3

Selon l’article de journal, de l’eau rougie se trouvait dans l’évier. Les gendarmes de l’époque en déduisent qu’après avoir tué l’abbé, le meurtrier se serait lavé les mains et aurait bu tranquillement son verre de vin, devant le cadavre de sa victime.

Fait n°4

La version populaire de l’histoire raconte que le crime aurait eu lieu dans le nuit, ou tard le soir… Mais la tenue dans laquelle a été retrouvé Antoine Gélis contredit ce fait. En effet, tous les matins, Monsieur le curé revêt des molletières en cuir, afin de se rendre, à cheval, dans certains villages, dans le but de porter un dernier secours aux mourants. Donc, le meurtre aurait eu lieu le matin de bonne heure.

Fait n°5

Contrairement à ce qu’avance la version populaire, à travers les articles que nous avons parcouru, nous n’avons trouvé aucune trace de l’inscription « Viva Angelina ». En revanche, le papier à cigarette en question était réellement étranger à la région : principalement fabriqué à Paris, pour l’exportation en Russie, entre autres.

Les premiers suspects

Dans la version populaire, l’inscription « Viva Angelina » mène les gendarmes de fausse piste en fausse piste. Dans les faits réels, les villageois, secoués par la perte d’un être cher, cherchent un coupable, sans réel fondement, perturbant ainsi l’enquête.

Ces derniers affirment qu’il s’agit là d’un meurtre de vengeance et racontent qu’il y a quelques années de cela, des personnes masquées se seraient introduites dans le presbytère afin d’y maltraiter le curé. Toujours selon eux, le meurtrier serait un paroissien de Coustaussa.

Cependant, ils ajoutent que le matin du meurtre, deux personnes, ouvriers charpentiers de métier, ne résidant pas à Coustaussa ont été aperçu dans le village.

Ce sont les gendarmes de Quillan qui les arrêtent, au village de Campagnac. Mais, faute de preuves tangibles, ils sont rapidement relâchés.

Fait n°6 : Nouvelle théorie

Après recherches, souvent infructueuses, il semble de plus en plus évident que le crime ait été perpétré par un villageois de Coustaussa. La maison entière a été fouillée mais aucun bien monétaire n’a été volé. Ainsi, le (ou les?) meurtrier recherchait-t-il des documents précieux ?

Fait n°7

Un article de journal du 19 novembre 1897 affirme qu’il ne s’agit ni d’un crime lié au vol, ni d’un crime lié à la vengeance, puisque monsieur l’abbé vivait seul, replié

sur lui même et consacrait l’intégralité de ses journées à Dieu et ses offices. Il n’avait aucun ennemi, en tous cas, pas d’ennemi connu. À travers cet article de presse, les villageois apprennent qu’il est dorénavant certain que le meurtrier avait l’intention de supprimer l’abbé afin de pouvoir chercher librement un document pour, peut-être, le détruire.

Fait n°8

Selon la justice, possiblement sous le choc de ses actes, du sang qui salit son âme et pressé de trouver le dit document, l’assassin a fouillé le tiroir contenant le document qu’il cherchait et l’a manipulé avec autres papiers, mais n’est pas reparti avec, convaincu, dans la précipitation, qu’il ne l’avait pas trouvé. Pourtant, ce document important, les enquêteurs semblent l’avoir récupéré.

N’en révélant pas plus à ce sujet, les journalistes affirment que la justice connaît l’identité de l’assassin et qu’ils le surveillent au moment même où elle diffuse ses informations.

Puis, aucune nouvelle de l’affaire n’est donnée durant cinq mois, précisément jusqu’au 16 avril, où un nouvel article paraît, expliquant que les soupçons de la justice portent sur Joseph Pagès, le neveu d’Antoine Gélis, soit la personne ayant trouvé le cadavre le matin du meurtre et alerté les gendarmes.

Ainsi, après avoir supposé de nouvelles découvertes d’indices, les journalistes annoncent l’arrêt de Joseph Pagès, neveu de la victime, sur mandat de dépôt délivré par le parquet de Limoux.

Mais les habitants du village ne croient pas en la culpabilité de Joseph, étant connu comme une personne honnête et incapable de commettre un crime aussi atroce.

D’ailleurs, quelques jours plus tard, après avoir fourni un bon alibi, Joseph Pagès est relâché.

Suite à cela, la vie du village reprend son cours. Pendant l’investigation, le curé d’Esperaza, un village voisin, officie dans l’église du village jusqu’à la venue d’un nouveau curé. Puis, après avoir annoncé le non lieu de Joseph Pagès, les journalistes ne mentionnent plus cette affaire ni le travail de la justice, laissant le mystère entier.

Certaines personnes pensent qu’Antoine Gélis aurait trempé dans quelques affaires douteuses, et aurait peut-être même joué un rôle important dans l’histoire de Béranger Saunières, abbé de Rennes Le Château, devenu mystérieusement et immensément riche.

Serait-il possible que Béranger Saunière ait, à son tour, joué un rôle important dans l’assassinat d’Antoine Gélis ?

Source: www.rennes-le-chateau-archive.com

Auteure : Ezio

Correction et vérification : Davy Chatillon

Date de publication : 30 Nov, 2018