Le MV Joyita est un navire marchand dont l’équipage et ses passagers se sont ont mystérieusement envolés en 1955 dans le sud de l’Océan Pacifique, à environ 4000 km de l’Australie. Il a été retrouvé échoué, en mauvais état et sans âme qui y vive.

LA DISPARITION

Le 3 octobre 1955, vers 5h, le Joyita quitte le port d’Alpia, dans les îles Samoa, pour se rendre dans l’archipel de Tokelau, situé 430 km plus loin. Il transportait un équipage de 16 personnes et 9 passagers.

Ajouté aux personnes présentes, le bateau transporte du matériel médical, une cargaison de bois, 80 barils vides destinés à recevoir 200 litres de pétrole chacun et des denrées alimentaires.

Le voyage est censé durer entre 41 et 48 heures. Le Joyita doit donc débarquer à Tokelau le 5 octobre 1955. Mais le 6 octobre un message de Fakaofo (une île de l’archipel de Tokelau) annonce le retard du bateau. Aucun autre navire ni garde-côte n’a reçu de signal de détresse.

Ainsi, du 6 au 12 octobre, une mission de sauvetage couvrant 260 000 km2 de territoire océanique, est menée par les Sunderlands, avions de l’armée de l’air royale de la Nouvelle Zélande. Mais ils ne trouvent aucune trace du Joyita ni de ses passagers.

LE BATEAU ÉGARÉ

Cinq semaines plus tard, le 10 novembre 1955, Gerald Douglas, capitaine du navire marchand « Tuvalu », repère le Joyita alors qu’il voyage de Suva (îles Fidji) à Funafuti, une île située à l’Ouest de Tokelau, soit à 1000 km d’écart du trajet prévu par le Joyita.

Carte disparition du Joyita

Le bateau est partiellement submergé et il n’y trouve aucune trace des passagers. Quatre tonnes de la cargaison ont disparu et sur la partie intacte du bateau, Gerald remarque que la radio est branchée sur la fréquence consacrée aux signaux de détresse.

Après expertise du bateau, il s’avère qu’un tuyau du système de refroidissement du moteur s’est altéré en raison de la corrosion galvanique (corrosion due au long contact de deux matériaux conducteurs d’électricités différents), permettant à l’eau d’entrer dans les fonds de cale.

THÉORIES

Aucune raison en apparence logique expliquant la disparition de l’équipage, mais des théories ont vu le jour.

Théorie n°1 – La mort du Capitaine Miller : Un ami du Capitaine du Joyita affirme qu’il n’aurait jamais abandonné son navire, où des bandages ensanglantés ont été retrouvés. Il est donc possible que le Capitaine ait été blessé ou mort. Suite à cela, les passagers pris de panique auraient quitté le bateau.

Journal disparus du Joyita

Théorie n°2 – Les japonais : La disparition ayant eu lieu peu après la seconde guerre mondiale et l’équipage étant de nationalité américaine, certains médias semblent accuser un groupuscule japonais créé lors de la seconde guerre mondiale et toujours actif malgré la fin de la guerre.

Théorie n°3 – Fraude à l’assurance : il a été révélé que le Capitaine Miller s’est couvert de dettes en effectuant une série de pêches infructueuses. Mais l’expertise a annoncé que le bateau n’a pas été saboté. De plus, les voyages effectués de Samoa à Tokelau étaient commandés par le gouvernement et ce, de manière régulière. Ceci aurait dû largement rembourser les dettes de Capitaine.

Théorie n°4 – La mutinerie : Lorsque l’anomalie du système de refroidissement est repérée, l’équipage demande au Capitaine de revenir à Samoa. Mais pressé de régler ses dettes, le Capitaine Miller refuse et fait pression pour atteindre Tokelau au plus vite. Conscient du danger de la situation, son équipage se rebelle et s’en suit une mutinerie au cours de laquelle Miller est grièvement blessé. Après leur prise de pouvoir, les membres de l’équipage décident d’abandonner le bateau, en emportant Miller avec eux.

Étrangement, aucune théorie ne fait mention d’une raison paranormale. Aucun membre de l’équipage n’a été revu depuis le jour de leur disparition et aucun corps n’a été retrouvé, laissant le mystère entier…  

Auteure : Ezio

Correction et vérification : Davy Chatillon

Source photos : Commons wikimedia

Date de publication : 09 Oct, 2018 - Dernière mise à jour : 12 Oct, 2018