On raconte que l’archipel des Philippines aurait parmi ses habitants, des monstres étranges et diaboliques : les Berbalangs. Apparentées aux goules, les Berbalangs se délectent de chair humaine. Vous l’aurez deviné :  elles sont anthropophages.

LA LÉGENDE

Il semblerait que ces monstres tirent leur origine d’une histoire vraie, dont les faits ont été relatés par E. F. Skertchley, un explorateur anglais, dans son livre « Cagayan Sulu, ses coutumes, légendes et superstitions » (1896).

Cagayan Sulu est un îlot du Sud de l’archipel des Philippines. À la fin du XIXe siècle, cette petite île, sur laquelle se trouvent quelques petits villages, est couverte par la végétation sauvage.

Au cours de la visite de notre explorateur anglais, il a vent d’une rumeur étrange : il existerait un village au cœur de la jungle, dont les habitants ont peur de s’approcher.  En effet, il serait habité par les Berbalangs, des monstres qui terrorisent les insulaires depuis aussi longtemps que l’on murmure leur nom.

Créature légendaires : les Berbalangs
©Davy Chatillon pour les Dossiers Parallèles

CARACTÉRISTIQUES

Les Berbalangs ressemblent aux humains mais on peut les différencier par leur yeux, dont la pupille est fendue et étroite comme les yeux des chats ; ainsi que par leur régime alimentaire. Les Berbalangs ont besoin de chair humaine, sans quoi, ils sont voués à la mort. C’est pourquoi, la nuit, ces monstres sortent de leur village afin de déterrer les tombes pour manger les restes humains. Mais parfois, les tombes ne suffisent pas à rassasier ces créatures qui se voient obligés de chasser les humains vivants pour se nourrir de viande fraîche.

Pour ce faire, les Berbalangs se cachent en s’allongeant dans les herbes hautes. Puis ils entrent en transe afin de laisser leur tête s’envoler et chasser les humains. Suite à quoi, les Berbalangs entrent dans les maisons, où ils tuent les humains pour se nourrir de leurs entrailles, sur place.

Heureusement, les Berbalangs ne sont pas des créatures silencieuses et les humains peuvent les entendre arriver grâce aux gémissements particuliers qu’ils produisent. Lorsqu’ils sont loin, leur gémissement est fort et facilement audible. Mais ils deviennent silencieux en se rapprochant de leur cible.

LES PROTECTIONS

Si un Berbalang se trouvait actuellement derrière toi, tu verrais leurs yeux lumineux et rouges danser tels des lucioles dans l’obscurité… Et tu n’aurais que deux moyens de t’en sortir ! Pour cela, il te faut une perle de noix de coco. Il s’agit d’une pierre précieuse qui peut parfois se trouver dans les noix de coco. Cette perle est portée comme un talisman, protecteur de ces créatures.

Tout aussi pratique et plus abordable, tu peux aussi te protéger avec un couteau dont tu auras préalablement trempé la lame dans du jus de citron. Cette combinaison te permet de faire fuir la créature et peut-être même de la blesser! En effet, le citron est un répulsif à Berbalang.

D’ailleurs, les habitants de l’île demandaient à ce que leur corps soient badigeonnés de jus de citron avant d’être enterrés, afin de ne pas être dévoré par les Berbalangs après leur mort. Par la suite une nouvelle tradition voit le jour et tous les habitants de l’île sont enterrés sous leur maison et leur corps sont recouverts de jus de citron tous les jours.

Si un jour tu te promènes dans l’île de Cagayan Sulu, fais attention à ne pas manger n’importe quoi. On raconte que les Berbalangs laissent de la nourriture traîner dans la jungle. En réalité, il s’agit de viande humaine déguisée en mets favoris des humains. Si, par malheur, tu venais à manger cette viande, tu te transformerais toi aussi en Berbalang…

LES ORIGINES DE LA LÉGENDE

Nous avons retrouvé une théorie pouvant expliquer la raison pour laquelle les Berbalangs ont trouvé leur place dans le folklore philippin.

Le peuple qui vivait au centre de l’île aurait créé leur réputation de créature dévoreuse d’humains dans le but de ne pas être attaquée par les autres tribus.

Ainsi, ils auraient vécu dans la paix et la prospérité, alors que les autres tribus se livraient des guerres sanglantes.

Source photo : Davy Chatillon

Auteures : Ezio et Miss LY

Correction et vérification : Davy Chatillon

Date de publication : 11 Sep, 2018