Aux alentours de la fin octobre et du début du mois de novembre, les frontières entre le monde des vivants et de L’Autre Monde s’amenuisent durant quelques jours. Les festivités de la Samain sont alors l’occasion pour les ancêtres de revenir visiter les lieux familiers et parfois même, les êtres chers…

AUX ORIGINES

La Samain (Samhain en irlandais, Samhainn ou Samhuinn en gaélique écossais, Sauin en mannois de l’île de Mann), est la première des quatre grandes fêtes religieuses de l’année celtique : Imbolc célèbre l’arrivée du printemps, Beltane l’été, Lugnasad l’automne et Samain annonce l’hiver. Cette fête se situe entre le 25 octobre et le 20 novembre, variant tous les ans pour correspondre au sixième jour de la lune montante. Elle marque le début de la nouvelle année.

En effet, le renouveau calendaire celtique peut être comparé à une gestation. C’est une période durant laquelle la graine a besoin de temps et d’obscurité pour mûrir et grandir, tel un enfant qui se développe au creux de sa mère et dont la naissance peut être comparée à l’arrivée du printemps.

Mais n’anticipons pas. Cette nuit de la Samain symbolise le début du cycle hivernal, celui de la lutte entre les ténèbres et la lumière. Les festivités commencent trois jours auparavant, pour finir trois jours après. Ainsi, cette semaine toute particulière est une parenthèse dans l’année, qui n’appartient ni à celle qui s’achève, ni à celle qui commence. Comme suspendue dans le temps, où presque tout devient possible… En effet, cette célébration représente la transition, tout d’abord temporelle, mais également celle des deux mondes : celui des vivants et celui des morts.

Propice aux événements extra-ordinaires, la Samain est mentionnée dans de nombreux récits mythiques tels que : la guérison du héros Cûchulainn ou la victoire des légendaires Tuatha de Danan à la bataille de Mag Tured.

Représentation de Cûchulainn

RITES

Chaque foyer se doit d’éteindre le feu de la maison, et se plonger dans l’obscurité. Cet acte permettrait de prendre conscience de la mort. En effet, sans la lumière, la vie serait impossible.

Cette prise de conscience permet d’apprivoiser la Mort et d’entrer en contact avec les Anciens, afin de demander conseil aux défunts, dans la bienveillance et la sagesse. Par la suite, les membres du village se réunissent dans le noir sur la place du village, lieu où les druides allument alors un nouveau feu. Ce feu sacré, symbolise un recommencement, le début de la vie, de l’année celtique, ainsi que la victoire contre la mort.

Ce n’est que par la suite, que les druides allument d’autres feux autour du village, sur les collines, afin de protéger les habitations de toute menace maléfique. Après quoi, chaque villageois récupère quelques braises du feu sacré et repartent dans leur foyer afin de le faire repartir.

Puis, les femmes et les homme se rassemblent autour des grands brasiers. Banquets, tournois, courses de chevaux, se succèdent au cours de ces jours de fête. Joyeuse, elle garde néanmoins un parfum étrange et fantastique : on raconte que les ancêtres défunts se mêlent aux vivants pour participer aux festivités.

CHRISTIANISATION ET CELEBRATION D’HALLOWEEN

Lors de la christianisation de l’Europe, les fêtes païennes sont à la fois réprimées et récupérées. Ainsi, la Samain est déclarée païenne (étrangère à la religion Catholique, Judaïque et à l’Islam) par le Pape en l’an 610. Successivement, la Toussaint est instituée en 835 et sa date de célébration est fixée au 1er novembre en 1048.

La veille de la nuit sainte “all hallow even” ou “all hallow’s eve” devient plus tard Halloween et est importée aux Etats-Unis lors des vagues d’immigration irlandaises du XXème siècle.

Aujourd’hui, malgré certaines dérives commerciales, Halloween concurrence la Toussaint, qui avait elle-même supplantée la fête celtique de Samain. Ironie de l’Histoire ou revanche des celtes ?

Mais la Samain a-t-elle réellement disparue ? Il est parvenu à nos oreilles que des célébrations se produisent toujours discrètement en terres celtes, dissimulées aux yeux du monde. Et les contes de l’Autre Monde continuent de se murmurer en Bretagne: rencontres avec un ancêtre disparu ou un ami perdu de vue, dont on apprendra avec frayeur qu’il est décédé quelques jours auparavant. Ainsi une atmosphère étrange plane toujours dans la brume de novembre… Oseriez-vous aller voir par vous-même ?

Auteures : Miss LY et Ezio

Correction et vérification : Ezio

Date de publication : 30 Oct, 2018